7148. Immobilisations produites des exercices antérieurs

Ce compte enregistre le coût des travaux faits par l’entreprise pour elle-même des exercices antérieurs. Il est crédité par le débit des comptes des rubriques 21, 22 ou 23, selon le cas, du coût réel de production des immobilisations crées par les moyens propres de l’entreprise, au fur et à mesure de la progression des travaux.

Si la production de ces immobilisations s’effectue progressivement, on débitera, à titre transitoire, le compte 2285 – « Immobilisations incorporelles en cours » ou un compte du poste 239 – « Immobilisations corporelles en cours ».

Le coût de production des immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même, calculé soit dans le cadre d’une comptabilité analytique, soit par des procédés statistiques, est constitué, en principe, des éléments suivants :

– Coût d’acquisition des matières utilisées ;
– Charges directes tels que main d’œuvre, énergie, amortissement et autres ;
– Charges indirectes de production dans la mesure où elles peuvent être raisonnablement rattachées à la production de l’immobilisation en question.

La logique de ce compte :
En comptabilité, on applique le principe de l’indépendance des exercices. Cela signifie que les produits et les charges de l’année 2023 doivent être enregistrés en 2023.

Normalement, si une immobilisation est construite sur plusieurs années, on utilise les comptes 7141, 7142 ou 7143 chaque année pour enregistrer l’avancement.

Alors, à quoi sert le 7148 ?
Le compte 7148 est un compte de régularisation. Il est utilisé dans le cas où l’entreprise a omis (oublié) de comptabiliser la production d’une immobilisation au cours de l’exercice précédent.

Au lieu de modifier les comptes de l’année passée (qui est clôturée et validée fiscalement), on enregistre cette production dans l’année actuelle, mais on la classe dans le 7148 pour bien montrer aux auditeurs et à l’État : « Ceci est une production interne, mais elle correspond à du travail fait l’année dernière, pas cette année. »

Composantes du coût :
On y inclut : Matières premières + Main d’œuvre directe + Charges indirectes de production (liées à la période antérieure concernée).


Exemple

Contexte :
La société « MEUBLES DE L’ATLAS » fabrique une machine spéciale pour découper le bois.
Les travaux ont commencé en 2022 et se terminent en 2023.

  • En 2022 : L’entreprise a dépensé 40 000 DH (Salaires et pièces détachées) pour commencer la machine.
    • L’erreur : Au 31/12/2022, le comptable a oublié de passer l’écriture « Immobilisation en cours » (Débit 239 / Crédit 7143). Ces 40 000 DH sont restés « perdus » dans les charges de 2022.
  • En 2023 : L’entreprise dépense 20 000 DH pour finir la machine.

Au moment du bilan 2023, le comptable s’aperçoit de l’oubli de 2022. Il doit rattraper le coup.

Écriture A : Rattrapage de l’année 2022 (Utilisation du 7148)

On réintègre les 40 000 DH de l’année dernière. On ne peut pas utiliser le 7143 car cela fausserait la production de 2023.

N° CompteLibellé du compteDébit (DH)Crédit (DH)
2393Immob. corp. en cours (Inst. Tech)40 000
7148Immob. produites des exercices antérieurs40 000
Libellé : Régularisation production machine (partie 2022)

Écriture B : Enregistrement de l’année 2023 (Utilisation du 7143)

On enregistre les travaux de l’année en cours normalement.

N° CompteLibellé du compteDébit (DH)Crédit (DH)
2393Immob. corp. en cours (Inst. Tech)20 000
7143Immob. corporelles produites20 000
Libellé : Production machine (partie 2023)

Écriture C : Finalisation et Mise en service

La machine est finie. Valeur totale = 40 000 (2022) + 20 000 (2023) = 60 000 DH.

N° CompteLibellé du compteDébit (DH)Crédit (DH)
2332Matériel et outillage60 000
2393Immob. corp. en cours (Inst. Tech)60 000
Libellé : Mise en service machine découpe

Résumé de l’impact

  1. Sur le résultat 2023 : Le compte 7148 augmente le résultat de 2023. C’est logique, car en 2022, l’entreprise avait trop de charges (puisqu’elle n’avait pas activé l’immobilisation). Ce profit en 2023 vient compenser la perte excessive de 2022.
  2. Sur le Bilan : L’actif immobilisé reflète bien la valeur réelle de la machine (60 000 DH), peu importe quand les travaux ont été faits.

C’est donc un compte de correction d’oubli pour respecter la réalité économique du patrimoine de l’entreprise.