7192. Reprises sur amortissements des immobilisations incorporelles
Ce compte est crédité du montant des reprises d’amortissements des immobilisations incorporelles par le débit des comptes appropriés d’amortissements du poste 282.
Il est à noter que ces comptes ne joueront qua dans les cas notamment :
– Où l’on serait amené à réduire, parce que jugés excessifs, les amortissements pratiqués antérieurement (régularisation en baisse des amortissements déjà pratiqués antérieurement) ;
– Où l’on serait amené à régulariser des amortissements sur des éléments comptabilisés à tort en immobilisation, au lieu de comptes de charges (régularisation d’erreurs ou d’omissions).
Ce compte est un compte de produits (Classe 7). Il est l’exact opposé d’une « Dotation aux amortissements ».
Il concerne exclusivement les immobilisations incorporelles (c’est-à-dire les actifs sans corps physique comme les logiciels, les brevets, les marques, les fonds commerciaux).
Pourquoi est-il particulier ?
En principe, un amortissement est irréversible : on constate l’usure d’un bien, et cette usure est définitive.
Cependant, comme indiqué dans la définition, l’erreur est humaine. Ce compte sert de « gomme » comptable pour corriger des fautes commises lors des années précédentes.
Il est utilisé dans deux cas principaux :
- Correction de calcul : On a amorti trop vite ou trop fort l’année dernière (erreur de taux ou de durée).
- Correction d’affectation : On a enregistré en immobilisation quelque chose qui aurait dû être une charge. En corrigeant l’actif, il faut annuler l’amortissement qui allait avec.
Le mécanisme :
- On Débite le compte d’amortissement (Classe 282…) pour diminuer le cumul des amortissements au bilan.
- On Crédite le compte 7192 pour enregistrer un profit exceptionnel qui annule la charge excessive du passé.
Exemple
Contexte : Erreur sur la durée d’amortissement d’un Brevet
La société « COSMETIC MAROC » a acheté un brevet de fabrication pour une nouvelle crème le 1er janvier 2022.
- Valeur du brevet : 200 000 DH.
- Durée de vie réelle du brevet : 10 ans (soit un taux de 10% par an).
L’Erreur en 2022 :
Le comptable a mal lu le contrat et a cru que le brevet n’était valable que 5 ans (taux de 20%).
Au 31/12/2022, il a passé l’écriture suivante :
- Amortissement enregistré : 200 000 x 20% = 40 000 DH.
La Découverte en 2023 :
En 2023, lors de l’audit, on réalise l’erreur. L’amortissement aurait dû être calculé sur 10 ans.
- Amortissement correct qui aurait dû être passé : 200 000 x 10% = 20 000 DH.
L’écart : L’entreprise a comptabilisé 20 000 DH de trop en charges en 2022 (40 000 – 20 000).
L’Écriture de régularisation au 31/12/2023 :
Pour corriger le tir, on effectue une reprise de 20 000 DH.
| N° Compte | Libellé du compte | Débit (DH) | Crédit (DH) |
| 2822 | Amortissements des brevets, marques… | 20 000 | |
| 7192 | Reprises sur amort. des immob. incorporelles | 20 000 | |
| Libellé : Correction du trop-amorti sur brevet (Ex 2022) |
(Ensuite, pour l’année 2023 elle-même, l’entreprise passera sa dotation normale de 20 000 DH).
Impact sur les états de synthèse
- Au Bilan (Actif) :
- Le compte 2822 Amortissements diminue de 20 000 DH (puisqu’on l’a débité).
- Conséquence : La VNA (Valeur Nette d’Amortissement) du brevet remonte mécaniquement. Le bilan reflète mieux la réalité économique (le brevet vaut plus que ce qu’on pensait).
- Au CPC (Compte de Produits et Charges) :
- Le compte 7192 affiche un produit de 20 000 DH.
- Cela augmente le Résultat d’Exploitation de 2023.
- Interprétation : En 2022, l’entreprise a déclaré moins de bénéfice qu’elle n’aurait dû (à cause de la charge trop lourde). En 2023, elle « récupère » ce bénéfice via la reprise.