5520. Crédits d’escompte
Ce compte enregistre à son crédit le montant nominal des effets remis à l’escompte à la banque par le débit :
– Du compte de banque intéressé
– Du compte 63115 – « Intérêts bancaires et sur opérations de financement »
– Du compte 61472 – « Frais sur effet de commerce »
Le crédit d’escompte est considéré comme facilité de financement accordée par la banque à l’entreprise contre la garantie d’un effet escompté.
Ce compte est débité par le crédit du compte 3425 – « Clients, effet à recevoir » à la date d’échéance des effets.
Explication simple du concept
Imaginez que vous avez une facture de 10 000 DH qu’un client doit vous payer dans 60 jours. Vous, vous avez besoin de cet argent maintenant.
Vous allez voir votre banque avec cette « promesse de paiement » (appelée une traite ou un effet de commerce). La banque vous dit : « D’accord, nous vous donnons l’argent tout de suite, mais pas la totalité. Nous allons garder une petite partie pour nous en guise de frais et d’intérêts pour le service rendu. En échange, c’est nous qui encaisserons l’argent de votre client dans 60 jours. »
Cette opération s’appelle l’escompte.
Le compte 5520 – Crédits d’escompte ne représente pas l’argent que vous recevez. Il représente la dette que vous avez envers la banque tant que votre client ne l’a pas encore payée. C’est une sorte de « dette conditionnelle » : si votre client paie la banque à l’échéance, votre dette disparaît. S’il ne paie pas, la banque se retournera contre vous pour récupérer son argent.
C’est un compte de passif (classe 5 – Comptes de trésorerie), car il représente une ressource de financement à court terme.
Analyse détaillée du fonctionnement comptable
Deux étapes clés :
- La remise à l’escompte (vous recevez l’argent)
- L’échéance de l’effet (le client paie la banque)
Exemple
Contexte :
L’entreprise « Maroc Brico » a vendu des marchandises à son client « Immo Pro » pour 10 000 DH.
Pour formaliser cette créance, « Maroc Brico » a tiré une traite (un effet de commerce) sur « Immo Pro », payable à 60 jours.
Étape 1 : Réception de l’effet de commerce
Avant même de parler d’escompte, « Maroc Brico » doit enregistrer qu’elle détient cet effet. La créance « normale » sur le client se transforme en une créance « matérialisée » par un effet.
- On débite le compte 3425 – Clients, effet à recevoir pour constater l’entrée de l’effet dans le portefeuille de l’entreprise.
- On crédite le compte 3421 – Clients pour solder la créance initiale.
| N° Compte | Libellé | Débit | Crédit |
| 3425 | Clients, effet à recevoir | 10 000 | |
| 3421 | Clients | 10 000 | |
| Acceptation de la traite par Immo Pro |
Étape 2 : L’opération d’escompte (Le cœur de votre question)
L’entreprise « Maroc Brico » a un besoin de trésorerie et décide de ne pas attendre 60 jours. Elle apporte la traite de 10 000 DH à sa banque pour l’escompter.
La banque accepte mais applique les frais suivants :
- Intérêts (appelés « agio ») : 200 DH
- Commissions et frais divers : 50 DH
L’entreprise va donc recevoir : 10 000 – 200 – 50 = 9 750 DH sur son compte bancaire.
Voici l’écriture comptable, exactement comme décrite dans votre texte :
| N° Compte | Libellé | Débit | Crédit |
| 5141 | Banque | 9 750 | |
| 63115 | Intérêts bancaires et sur op. de financement | 200 | |
| 61472 | Frais sur effet de commerce | 50 | |
| 5520 | Crédits d’escompte | 10 000 | |
| Remise à l’escompte de la traite Immo Pro |
Analyse de cette écriture :
- Débit 5141 – Banque : L’entreprise a bien reçu 9 750 DH sur son compte. C’est une augmentation de sa trésorerie.
- Débit 63115 et 61472 : L’entreprise enregistre les 250 DH de frais comme des charges financières et autres charges externes.
- Crédit 5520 – Crédits d’escompte : C’est le point crucial. En créditant ce compte de passif pour 10 000 DH, l’entreprise reconnaît qu’elle doit 10 000 DH à la banque. Cette dette sera annulée uniquement lorsque le client final (« Immo Pro ») aura payé la banque. Le montant est la valeur nominale de l’effet, pas le montant net reçu.
Étape 3 : À l’échéance des 60 jours
Le jour de l’échéance arrive. Le client « Immo Pro » paie les 10 000 DH directement à la banque.
Pour l’entreprise « Maroc Brico », deux choses se passent simultanément :
- Sa créance sur le client « Immo Pro » (l’effet à recevoir) est éteinte.
- Sa dette envers la banque (le crédit d’escompte) est également éteinte.
L’écriture comptable est donc une simple annulation des comptes concernés :
| N° Compte | Libellé | Débit | Crédit |
| 5520 | Crédits d’escompte | 10 000 | |
| 3425 | Clients, effet à recevoir | 10 000 | |
| Paiement de la traite par Immo Pro à l’échéance |
Analyse de cette écriture :
- Débit 5520 – Crédits d’escompte : On solde la dette envers la banque. Le compte 5520 passe à 0 pour cette opération.
- Crédit 3425 – Clients, effet à recevoir : On solde la créance sur le client. Le compte 3425 passe aussi à 0 pour cette opération.
En résumé
Le compte 5520 – Crédits d’escompte sert de « compte miroir » au compte 3425 – Clients, effet à recevoir durant la période entre l’escompte et l’échéance de l’effet.
- 3425 (Actif) : « Je détiens une promesse de paiement de mon client. »
- 5520 (Passif) : « J’ai une dette envers ma banque, garantie par cette même promesse de paiement. »
Lorsque le client paie la banque, la promesse de paiement est honorée et la dette envers la banque disparaît. Les deux comptes sont alors soldés.